Saint-Sauveur

Par - Abri, Calcaire, Grotte, Yvelines

Le mystère des ruines de l’Ermitage disparu

Une énigme irrésolue et passionnante : à part quelques cartes postales et quelques récits, on trouve très peu d’informations sur ce mystérieux Ermitage Saint-Sauveur de Limay, qui renfermait une magnifique chapelle troglodytique, aujourd’hui introuvable. Comme si tout avait été fait pour en faire disparaître les traces…

Un autre volet de l’activité du Kataclan : l’archéologie.

Panorama La vue est imprenable.

Du point de vue juché en haut de la colline dominant Limay, la Seine se déploie en une immense boucle qui se tord de part et d’autre embrassant tout l’horizon jusqu’au coteau de Falaise, enserrant dans son écrin la ville de Mantes.

L’histoire

Ici se trouvait au dessus du vide l’ancien Calvaire, dont il ne reste désormais que deux pierres et une colonne de pierre trônant sur la vallée. Imposante, inébranlable, son profil hexagonal atypique, celle-ci devait à l’origine soutenir une sculpture en son sommet, et semble toujours veiller comme l’oeil d’une sentinelle sur la collégiale de Mantes.

A l’époque de Charles V, un groupe de bandits terrorisait Limay et les environs, et aurait élu domicile à cet endroit, se servant probablement des grottes pour y cacher leur butin. Trois d’entre-eux seraient enterrés là, sous les vestiges du Calvaire, selon la légende locale.

Une chapelle sera alors aménagée dans la craie. Des ermites habiteront le lieu pour le garder, et se succéderont de génération en génération. Ils surveillaient la vallée et sonnaient le clocheton de la chapelle au passage de chaque bateau sur la Seine, priant pour son arrivée à bon port.

Le dernier ermite mourut en 1882, remplacé par un gardien municipal laïc jusqu’en 1911, date à laquelle tous les objets de culte seront rapatriés à l’église St Aubin. En 1900, il y a avait encore deux processions par an.

Les photos d’époque

Village Du village, on avait une vue directe sur la colline de l’Ermitage, devenue de nos jours un bois. Un chemin bien visible montait du vieux Limay directement jusqu’à l’Ermitage.

Vue ouest A 30 mètres vers l’ouest en contrebas du Calvaire se trouvait l’entrée de l’Ermitage Saint-Sauveur.
Un chemin en S, toujours existant, descend de la colonne à la porte d’entrée, puis poursuit en vallée.

Porche Ceinturé à l’origine d’un haut mur d’enceinte de pierres sèches, qui s’écroulera plus tard.

Cour maison La porte d’entrée voutée, surmontée d’une croix, s’ouvrait sur la grande cour de la maison troglodytique du gardien.

Cour chapelle En poursuivant, on débouchait dans cour de la chapelle, troglodytique elle aussi.

Pilier A l’intérieur, on découvrait un lieu richement décoré, avec des piliers massifs, des niches et de nombreuses statues.

Autel A l’entrée, un large autel

Tombeau …et au fond, une sculpture grandeur nature, La mise au tombeau, offerte par les armateurs de Rouen.

Manquait plus qu’une rosace, comme diraient certains!

Aujourd’hui

Aujourd’hui, il ne subsiste quasiment rien. C’est comme si toute la langue du sommet de calcaire s’était effondré d’un coup, sur plusieurs mètres, ensevelissant le tout, et que par la suite toutes les pierres qui composaient les murs et les clochetons avaient été enlevées, pour finalement ne laisser aucune trace au milieu d’une végétation sauvage qui a repris sa place.

Sources photo + témoignage : Dan Jubert Bizien & autres crédits

Intermittent de Cataphilie parisienne depuis 1993.
Rêve de se transformer en chauve-souris pour cartographier les carrières en volant…
Pourvoyeur de la pause café en carrières