Le pont de Oinville

Par - Calcaire, Carrière, Val de Marne

Dédale sous la ville

Une lourde plaque en pleine avenue, une bonne traction pour la décoller, la faire glisser, et on s’engouffre illico vers l’inconnu…

Trou noir, descente en l’aveugle en silence, on baisse la tête et on cligne des yeux pour éviter les grosses gouttes qui ruissèlent du haut à pleine vitesse, en gardant pour seul repère la faible lueur vers le barreau du dessous. On descend mécaniquement le pied pour trouver à tâtons le barreau suivant, jusqu’à toucher le sol.
Surpris d’être déjà arrivé en bas. Trop rapide, trop chaud…juste un pallier en fait.

Quelques pas à l’horizontale, et la descente continue par un puits parallèle…le vrai, celui d’origine, maçonné en pierre de taille, et condamné dans sa partie supérieure depuis longtemps.
La température descend à mesure de la profondeur, jusqu’aux fameux 12°C habituels et leur moiteur caractéristique.

Enfin le sol ferme.

On découvre une carrière multiforme, un peu comme la Brasserie (on n’en est pas si loin finalement…) :
des passages bas, des zones consolidées avec des piliers rectangulaires plus larges que haut, tout une zone injectée derrière des murs de barrage percés de leurs tuyaux de remplissage.

La partie à l’est reste plutôt basse et sans grand intérêt.
Plus typiques, de larges zones confortées par des piliers en bois…qui transformés en éponge ne retiennent plus rien…
Puits, bassins, fontis, un festival, avec des perspectives sympathiques sur des murs de consolidations parfois assemblés avec un côté artistique étonnant.

Plusieurs beaux et grand squats existent dans la partie « haute », traversée de ses grandes galeries parallèles.
Le squat du requin particulièrement cosy, avec sa disposition en plein virage de galerie, sa belle table basse, ses bancs en hauteur dans la masse ou creusés directement dans le sol façon fosse, son beau mur semi vouté de pierres taillées au carré, et sa chandelle murale, trônant, digne d’une salle de château.

Mais méfiance…
La cave a ses secrets et veut les garder. L’explorateur aventureux risque de se faire prendre au piège invisible, en s’engageant dans le labyrinthe sans même s’en apercevoir, et, inexorablement, toute tentative d’échappée le ramènera invariablement et désorienté au Carrefour de la Sépulture…

Première curiosité du lieu, son puits déporté : la descente se fait en 2 temps :

– une première partie par un puits récent en béton
– la seconde par le puits d’origine en pierre de taille.

La partie est du réseau est plutôt basse et sans grand intérêt. On s’émerveille toujours devant le zinc très préservé de ces lieux. Trouvé un 3ème squat dans la partie « haute ». Il n’existait pas ou bien nous ne l’avions pas trouvé il y a quelques années…

Cette zone de galeries parallèle est vraiment atypique…

Enfin, nous nous attardons un peu en ces lieux, et faute de bon sens, nous tournons sans cesse pour nous retrouver indéfiniment au même endroit… Etonnant pour une carrière peu développée!

— Mouton
Intermittent de Cataphilie parisienne depuis 1993.
Rêve de se transformer en chauve-souris pour cartographier les carrières en volant…
Pourvoyeur de la pause café en carrières